Rote et les petits cochons

Mardi 20 novembre, c’est l’anniversaire du prophète Mahomet et donc jour férié en Indonésie! Un long weekend se profile à l’horizon. Cap à l’est pour fuir la saison des pluies et pour la troisième fois de l’année, nous nous envolons pour Kupang au Timor.

Notre destination est l’île de Rote (prononcez Roti), située à 30 minutes de vol de Kupang.

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L’île peut sembler quelque peu reculée mais l’endroit est en fait assez célèbre au près des Australiens pour ses spots de surfs et sa proximité avec l’Australie. Rote se situe à moins de 500 km du pays des kangourous!

Nous décollons de Jakarta à 9 heures du matin, en direction de Kupang. C’est la première fois que je reprends l’avion depuis le crash du Lion et je suis ravie de monter à bord d’un Airbus! Deux heures et demi plus tard, nous atterrissons à Kupang. Comme souvent à Kupang, l’atterrissage est sportif avec un vent à décoiffer les cocotiers.

Nous prenons ensuite notre second vol pour Rote après deux heures d’escales. Le vol ne dure que 30 minutes, ce qui nous laisse juste le temps de décoller puis d’atterrir. A la descente de l’avion, une chape de plomb tombe sur nous. C’est déjà la fin de l’après midi mais il fait une chaleur écrasante.

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L’aéroport est tout petit ce qui me vaut un petit coup de stress. Y-aura-t-il une voiture disponible pour faire les quarante kilomètres qui nous séparent de notre hôtel? La réponse est oui, nous sommes cueillis à notre arrivée par plein de chauffeurs disponibles. Tous transpirants, nous jetons notre dévolu sur le premier venu et sautons dans la voiture climatisée. Le paysage que nous traversons est très aride, c’est la fin de la saison sèche, du coup toute la végétation est brûlée.. Pas l’ombre d’une once de vert! Sale temps pour les biquettes! Au bout de quelques kilomètres, nous constatons que nous sommes sur une île catholique pour deux raisons: la route est bordée d’églises pimpantes mais surtout l’île est envahie de…petits cochons qui se baladent tranquillement sur la route!

Après une petite heure de trajet, nous atteignons notre destination finale, le Seed Resort, situé au bord de la plage de Nemberala. Quand on parle de resort, on pourrait facilement imaginer un gros bâtiment bétonné et inesthétique défigurant le paysage mais rien à voir ici. C’est un véritable un cocon qui nous attend au milieu des bougainvilliers et des cocotiers, le pied! Vous ai-je parlé de la piscine à débordement avec vue sur la mer? Allez, j’arrête, cette lecture doit rester agréable!

Nous sommes accueillis par une noix de coco que nous siroptons tranquillement face au coucher de soleil.

Le diner est l’occasion pour nous de faire une découverte qui réjouirait n’importe quel compatriote tenu éloigné trop longtemps de sa chère patrie: un vin rouge Balinais très correct, ce qui nous change des jus de raisins habituels de Bali. Certes, ca ne vaut pas un Gevrey-Chambertin mais c’est tout à fait acceptable.

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Pendant la soirée, nous faisons la rencontre de pak Edi, le manager du Seed Resort. Tibo vient de passer son PADI ( certification pour pouvoir plonger) et aimerait faire une plongée pendant notre séjour à Rote. Il n’existe qu’un centre de plongée sur l’île mais nous sommes en pleine saison basse, il n’y a pas assez de plongeurs sur place pour affréter un bateau. Edi propose de contacter les militaires basés sur une petite île à côté de Rote car la plupart d’entre eux sont des plongeurs expérimentés. D’après Edi, les militaires sont entraînés pour pouvoir rejoindre le continent à la nage alors rien à craindre en plongée avec eux. Et ça les occupera conclue Edi! Il nous explique que la raison pour laquelle ces militaires se trouvent sur cette île est inconnue. Certains pensent que ce serait pour proteger des ressources en gaz ou pétrole. Tibo ne peut cacher son enthousiasme a l’idee d’aller barboter avec les militaires!

Après une nuit calme sans mosquée, nous avons le droit à un super petit déjeuner avec vue sur mer. Il fait une chaleur que nous avons rarement ressenti en Indonésie. Après un intense tartinage de crème solaire, nous partons nous balader le long de la côte en scooter.

Sur la route, c’est un véritable défilé fermier: chien, chat, biquettes, poules, chèvre, vaches et cochons prennent un malin plaisir à traverser à n’importe quel moment devant les roues de notre scooter.

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Nous nous arrêtons régulièrement sur les plages qui bordent la côte mais la plage de Bo’a retient particulièrement notre attention! Ici aussi, les surfeurs du monde entiers viennent affronter cette droite de classe mondiale mais comme vous le savez, nous ne sommes pas là pour disserter du swell ou du barrel! Nous, nous sommes juste hypnothises par la couleur de l’eau et amusés par les cochons venus prendre un bain de sable. On saute à l’eau pour se rafraîchir un peu mais même la mer est trop chaude sur cette île!

 

Nous reprenons la direction de l’hotel en milieu d’après midi afin de pouvoir déjeuner. En effet, une fois sortis de la zone de Nemberala, pas l’ombre d’un warung. Au lieu de repasser par les plages, nous coupons par l’intérieur de l’île. Le paysage est aride, ponctué de temps en temps par une église ou par une hutte. Les habitations sont encore très primitives.

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Avant de retourner à notre hôtel, nous faisons un petit détour par le Anugerah Surf Camp afin d’apercevoir la fameuse T Land, une gauche courue par les surfeurs de tous poils. C’est loupé, les quelques surfeurs présents nous expliquent qu’il n’y a presque pas de vagues depuis quelques jours.

C’est le ventre criant famine que nous arrivons finalement a notre hotel pour déjeuner.

Après avoir évite de justesse de nous faire assommer par une branche de cocotier, nous quittons notre transat pour aller marcher sur la plage.

L’île de Rote est connue pour ses cultures d’algues, introduites par les Australiens il y a une quinzaine d’année afin de développer une économie locale à Rote. La plage est bordée de petites cahutes avec de grands étendoirs pour faire sécher les algues. C’est dimanche et jour de repos, du coup le ramassage des algues est à l’arrêt, nous reviendrons le lendemain pour en voir plus.

Après quelques recherches, il semblerait que les algues récoltées soient des Eucheuma, utilisées dans la production des carraghénanes, un ingrédient contenu dans les cosmétiques ou dans les aliments.

Après cette balade, nous enfourchons notre scooter pour aller diner au Narrow. Nous discutons avec la propriétaire des lieux qui propose de nous faire visiter les lieux. Elle nous montre l’incroyable maison qu’elle a fait venir de Bali de toute pièce. Il s’agit d’une architecture de Madura (île javanaise) qui a la spécificité de se monter uniquement par emboîtement ( comme les meubles Ikéa pour faire simple). C’est incroyable d’imaginer cette maison en bois faisant le trajet entre Bali et Rote!

A notre retour, nous croisons Edi, tout souriant, qui nous annonce qu’il a réussi à négocier un super prix pour la plongée et que les militaires sont d’accord pour 350. Tibo tombe presque de son transat de surprise en entendant ce prix. Et puis on continue a discuter avec Edi qui nous déroule programme de la journée de plongée. Tibo a les yeux qui brillent en s’imaginant déjà dans une combinaison couleur camouflage, le visage peinturluré, devisant gaiement avec les gros malabars de l’armée (comment ça des clichés sur l’armée?). A deux doigts de taper dans la main d’Edi pour sceller le deal, une intuition nous prend…. on parle bien de 350..000 roupies? Edi nous rie au nez…mais non 350 dollars mes amis!

Le lendemain matin, c’est un peu le même programme que la veille. Lever tardif, petit déjeuner face à la piscine et puis c’est reparti pour une excursion en scooter. Nous reprenons la route pour aller voir le lagon d’Oeseli dont nous à parler Edi. Pour cela, nous repassons à travers les terres, l’herbe n’a pas poussé pendant la nuit mais les cactus oui!

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Après une petite heure de trajet, nous arrivons enfin au bord du lagon. La première chose que je remarque, ce sont les huttes rudimentaires qui servent d’habitation et les tas de filets de pêche qui utilisent des bouteilles plastiques comme flotteurs.

 

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Sur place, nous constatons qu’une balade a été aménagée sur une colline, offrant une jolie vue sur le lagon. Ce genre d’aménagement est suffisamment rare en Indonésie pour être souligné. La balade est sympa, elle fait longer la pointe du lagon, offrant une jolie vue sur la mer mais la chaleur est épouvantable du coup nous finissons par faire demi-tour.

En bas de la ballade se trouve un genre de café (à moins que ça ne soit la maison de quelqu’un ou les deux?!) où nous nous arrêtons pour boire un thé ( ne surtout pas penser d’où vient l’eau, croiser les doigts pour que notre estomac soit fort). Nous papotons avec les locaux et des touristes de Jakarta. Le boatman nous propose d’aller faire un tour dans le lagon pour aller voir Batu Cinta, une pierre en forme de coeur, c’est sooo romantic! Mais bon, vu le prix exorbitant que nous demande le petit monsieur et les photos du dit caillou sur internet, on décline poliment.

Du coup nous reprenons la route, prenant soin de nous re-tartiner de crème.

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La route traverse une zone de mangroves entouree de pics karstiques. Nous nous arretons un instant regarder cette structure etrange.

 

A notre retour, nous faisons un nouveau stop par Bo’a beach. Les petits cochons sont toujours en cure thalasso, ils ont l’air d’apprécier.

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Nous retournons ensuite à Nemberala pour le déjeuner car encore une fois, pas de warung sur la route! Nous nous arrêtons au Bekky Boo, un sympatique restaurant au bord de la route. A la fin du déjeuner, nous demandons à la serveuse où trouver des Ikat de Rote ( tissages traditionnels). Elle nous indique que la maison située derrière le restaurant en propose. On débarque à l’improviste chez les gens, qui nous accueillent avec un grand sourire dans un espèce de capharnaüm un peu crado. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je me retrouve entourée d’Ikat. Les couleurs sont naturelles, ce qui me plaît beaucoup plus que les tissages synthétiques. La petit dame est dure en négociation, mais finalement on se tape dans la main pour deux grands ikats à 60 euros.

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L’artisanat de Rote est aussi connu pour la fabrication du Sasando, un instrument à corde. J’en aurais bien achete un mais le regard exaspéré de Tibo devant mes deux ikats a fini de me dissuader… Je vous mets une petite photo ci-dessous que vous pourrez montrer à tous vos amis pour les épater avec votre culture.

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« Sympa ta guitare Patrice, mais moi personnellement je suis plutôt Sasando. Quoiii tu ne connais pas le Sasando?! Attends laisse moi te montrer… Bah alors Patricceee, c’est quoi ce manque de culture?! »

Bref, laissons Patrice tranquille…Voila donc comment notre (ma) collection d’Ikat et Batik s’agrandit de deux nouveaux membres! Les deux tissages sentent tellement mauvais que nous sommes obligés de leur faire prendre une douche dans notre bungalow.

Après les ikat, nous retournons à l’hotel où nous décidons de faire activité-à-part. Je vais me jeter sur un transat pendant que Thibaud part se faire masser ( rappelez vous, le guide des meilleurs massages d’Asie, démarré en 2016… le chapitre indonesien est toujours en cours).

Malheureusement, la piscine vire en poulailler quand nos copines de Jakarta croisées au lagon débarquent toutes excitées. Je m’echappe rapidement, en priant très fort le dieu gravité pour qu’une ou deux de ces dames se fassent assommer par une noix de coco.

A la place, j’improvise une séance photo avec les ramasseurs d’algues. Ils m’expliquent qu’ils ramassent environ 20 kilos d’algues en l’espace de 2-3 heures, le temps de la marée basse. Comme souvent en Indonésie, tous me demandent si je suis seule ici, quel est mon âge et est-ce que j’ai des enfants. Les rencontres sont rigolotes et les ramasseurs sont ravis de se faire prendre en photo, malheureusement la lumière tombante ne rend pas justice ( bien sûr c’est la faute à la lumière et non pas à la photographe). En rentrant, je croise un adolescent à moto qui s’arrête pour me demander comment je m’appelle, quelle est ma nationalité et quel est mon age. Quand je lui explique que je suis accompagnee, il détale comme un lapin. Je suis presque vexée!

 

Thibaud revient tout détendu de son massage et pour célébrer cette journée particulièrement agréable, on se laisse tenter par une petite bouteille de vin!

Le lendemain matin, sur les conseils d’Edi, nous nous rendons au marché de Rote. Si l’on comprend que ce marché puisse intéresser les touristes de passage en Indonésie, nous en faisons vite le tour car c’est un marché indonésien très classique.

Nous retournons à l’hotel pour préparer nos affaires et attendre patiemment notre taxi pour l’aéroport.

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Rote nous aura définitivement charmé, ici le temps s’écoule moins vite et défie les lois de la relativité. Einstein n’a qu’à bien se tenir!

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Info pratiques:
  • Vol direct Batik Jakarta-Kupang – 2h30
  • Vol direct Wings Kupang – 30mn
  • Logement: Seed Resort – https://goo.gl/maps/k3mVTsaaGSo
  • Restaurants:
  • Points d’interet:
    • Oeseli Beach –
      • Possibilite de faire le lagon en bateau ou du kayak avec le Seed Resort
      • Ballade a pied 10-15 mn a la point du lagon

      Mangrove BeachBo’a BeachNemberala Beach – Ramasseurs d’algues a maree basseBaa ( Kampung Ndao pour les Ikats)Possibilite d’arranger un tour de bateau sur Pulau Ndana ou Doo

  • Mangrove BeachBo’a BeachNemberala Beach – Ramasseurs d’algues a maree basseBaa ( Kampung Ndao pour les Ikats)Possibilite d’arranger un tour de bateau sur Pulau Ndana ou Doo
  • Plongee: Anugerah Surf Camp si assez de clients.

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