Maratua paradise

Pour continuer dans la série des weekends « bouts du monde », c’est entre copains que nous partons à Maratua pour 4 jours.

Ça fait un moment que Maratua est sur notre liste des endroits à visiter avant de quitter l’Indonésie. Le problème, c’est que s’y rendre relève du parcours du combattant!

Afin de clarifier l’exactitude géographique de notre périple, voici une carte localisant Maratua: une micro île en forme de C, perdue dans la mer à l’est de Bornéo, à mi-chemin entre Jakarta et les Philippines.

La mission marathon démarre dès le jeudi soir avec un vol de deux heures pour Balikpapan, une des grosses villes de Kalimantan. Notre arrivée étant un peu tardive, nous passons la nuit dans un hotel sans charme collé à l’aéroport. Visiblement l’huile de palme et les mines payent bien, l’aéroport est flambant neuf.

Le lendemain matin, réveil matinal pour la suite des aventures! Nous embarquons pour la première fois dans un bombardier.

Une heure plus tard, après avoir survolé la jungle, nous arrivons dans la petite ville de Berau ( prononcer Brrrraoow).

Nous retrouvons nos deux chauffeurs de voitures à la sortie de l’aéroport. Trois heures de route nous attendent jusqu’à Tanjung Batu, le port de départ pour Maratua. Les paysages que nous traversons sont plutôt dévastés…le désastre écologique dont parlent les médias à propos de Bornéo semble bien réel!

Après une rapide pause déjeuner, nous arrivons enfin à Tanjung Batu. C’est encore une grosse heure de speedboat qui nous attend jusqu’à Maratua.

Le début de la traversée est plutôt calme mais dès que nous arrivons en pleine mer, le bateau se met à taper contre les vagues rendant la traversée pas très agréable pour notre dos!

Enfin, la terre est en vue! On est très content d’arriver après tout ce périple.

L’arrivée est splendide au milieu des eaux turquoises.

Nous sommes chaleureusement accueillis par Jun et Anna, les gérants de la Maratua Guesthouse et leur petit garçon Atan, la coqueluche de la guesthouse.

Trouver un logement abordable n’a pas été une simple affaire car le principale marché touristique de Maratua est le luxe. Le prix des resorts est exorbitant et les offres intermédiaires sont limitées (du moins si on se réfère aux booking, google and co).

Notre guesthouse est une de ces alternatives intermédiaires. Malheureusement, les gérants sont aussi gentils que la propriétaire Amelia est désagréable, malhonnête et menteuse mais j’y reviendrai plus tard!

Donc, à peine arrivés (et après une attaque éclaire de moustiques et une visite impromptue d’un serpent en balade) , nous enfilons nos maillots de bain et nos masques pour nous jeter à l’eau. A peine la tête sous l’eau que nous croisons une grosse tortue!

Ensuite, c’est séance yoga et streching au coucher de soleil pour soulager nos muscles douloureux après notre traversée en bateau.

Nous terminons la soirée autour d’une bintang à préparer la journée du lendemain. Comme nous voyageons avec des plongeurs, nous décidons de réserver un bateau qui servira aux plongeurs pour leur plongée et aux non plongeurs pour se balader.

Petite déception pour les plongeurs, le spot le plus connu de Maratua n’est malheureusement pas accessible pour cause de half moon. Il faut attendre la pleine lune et les marées les plus basses pour pouvoir affronter le Channel sans trop de risque. Pour vous donner une idée de ce qu’ils ont loupé:

Après un dîner délicieux à base de poisson frais, nous nous couchons dans nos bungalows au milieu de la jungle, bercés par le doux bruit des moustiques.

Le lendemain matin, réveil matinal sous une météo un peu grise.

Après un petit dej pantagruélique, nous montons dans le pick up qui nous dépose au Dive center.

Lorsque nous arrivons au dive center, on est pas très contents car malgré le prix exorbitant que l’on a payé, le bateau qui nous attend est le même que la veille. C’est celui de la guesthouse qui se fait de l’argent sur notre dos en nous fournissant un tout petit bateau pas adapté à la plongée. Il y a cinq plongeurs, deux instructeurs, un capitaine, deux non plongeurs et 18 bouteilles de plongée sur ce minuscule bateau. On se marche dessus!

Après avoir pesté comme il faut, autant prendre les choses du bon côté et profiter malgré tout de cette balade en mer. Sur notre bateau, nous rencontrons Alain, retraité et passionné de voyage. C’est son 6ème séjour en Indonésie avec sa femme et il connait le pays comme sa poche!

DSC05337.JPG
Pourquoi conduire avec les mains quand on peut conduire avec les pieds?

Après une heure de bateau, nous arrivons à proximité de l’île de Sangalaki. C’est un sanctuaire de tortues marines et l’île abrite une pouponnière. Sangalaki est également réputée pour ses raies mantas noires.

Une fois les plongeurs à l’eau, nous demandons au capitaine de nous déposer sur l’île pour aller voir les tortues mais il n’a pas vraiment l’air décidé. Il préfère rester en mer pour récupérer les plongeurs en cas de problème, ce qui est plutôt une bonne raison. Du coup on sort Ogitu pour explorer les environs.

Nous en profitons également pour faire un peu de snorkeling autour du bateau. Les fonds sont assez beaux et il y a plein de poissons. Par contre ça gigote à la surface et le courant est assez fort.

En quelques minutes le temps tourne à l’orage. Maratua disparaît au loin dans des gros nuage de pluie et le tonnerre gronde au loin au loin.

DSC05345.JPG

Les plongeurs remontent, les raies mantas n’étaient pas de la partie. Il paraît qu’il est de plus en plus rare de les croiser.

L’orage est de plus en plus menaçant. L’île de Kakaban où nous devons nous rendre pour la deuxième plongée est cachée sous des gros nuages de pluie. Du coup, on demande à notre capitaine s’il est vraiment sur de vouloir y aller tout de suite. Il nous dit que oui, pas de problème! Mais on a du mal à savoir si c’est un vrai oui ou si c’est le oui indonésien en mode « c’est la pire idée du siècle mais j’ose pas trop vous le dire ».

Du coup, c’est moyennement sereins que l’on prend la mer. D’un coup, la température chute drastiquement et la pluie s’abat sur nous. La visibilité est nulle et notre capitaine n’a pas trop l’air de savoir vers où il se dirige. Une minuscule éclaircie laisse apparaître un bout de terre ce qui permet qu capitaine de retrouver son cap.

On arrive finalement sans encombre à Kakaban mais trempés jusqu’aux os, heureusement, la pluie semble se calmer. Tibo, pourtant connu pour son calme olympien est très en colère contre le capitaine qui nous a mis en danger.

Du coup, pour se détendre, on largue nos plongeurs et nous on enfile notre masque et notre tuba pour aller explorer les fonds marins. On est juste au pied d’un tombant, c’est super beau.

DSC05368.JPG
Jamais sans mon flamingo

Après avoir tranquillement déjeuner au milieu du ponton, il est temps d’aller voir THE place to be: The Jellyfish Lake!

On nous promet l’expérience unique de nager avec des avec des centaines de méduses inoffensives. Ils ont oublié de préciser que le package incluait aussi des nager avec des dizaines d’indonésiens flottants en gilets de sauvetage.

Le lac se situe à 5 minutes de l’embarcadère. Pour s’y rendre il faut traverser une végétation assez surprenante de mangroves.

DSC05362.JPG

DSC05359.JPG

Le lac est un mix d’eau salée et d’eau de pluie où quatre espèces de méduses cohabitent par milliers.

Armés de notre plus beau tuba, nous sautons dans le lac où plein de méduses aveugles nous foncent dessus. Plus on s’éloigne du bord du lac, plus la densité de méduses augmentent.

Pour être honnête, on fait un peu les snobs avec Tibo car ce lac unique existe en fait à plein d’endroits dans le monde et en Indonésie (Philippines, Togian, Sumbawa, Vietnam…) mais il faut avouer que la quantité de méduses présentes dans le lac de Kakaban est vraiment impressionnante!

Copyright Oriane

Il est temps de quitter nos copines les méduses pour retourner vers Maratua pour une dernière plongée.

Notre bateau dépose les plongeurs , de notre coté, on ressort Ogitu pour une petite balade.

Assis sur le toit du bateau, notre regard est attiré par des tâches sombres qui se déplacent autour de nous. Nous sommes entourés d’une dizaine de tortues venues brouter les algues.

Nous sommes aussi interpellés en français  » bonjourrrr êtes-vous avec Alain? » Un peu surpris, on regarde autour de nous avant de remarquer un tee-shirt orange fluo flottant dans la mer. Il s’agit de la femme d’Alain qui est en balade snorkeling en plein milieu de la mer. Elle nous expliquera le lendemain que peu de temps après elle s’est faite emportée par le courant et a fini par devoir s’accrocher à une bouée en mer en attendant que quelqu’un vienne la récupérer!!!

Ensuite, il est déjà temps de retourner sur la terre ferme. A la guesthouse, nous retrouvons notre petite mascotte Atan qui se prête volontiers à un shooting photo.

Ca commence par des léchouilles à la bombe anti-moustique jusqu’à ce qu’il trouve le bouton de déclenchement du polaroid de Mathilde ( la moitié de la pellicule photo y passera en photos mal cadrées).

Sa maman, Ana nous explique que la vie d’un petit garçon à Maratua Guesthouse est parfois bien solitaire et que les touristes sont une source de divertissement sans fin pour Atan.

Elle nous partage aussi l’histoire de la naissance d’Atan, un jour de mousson, où la mer déchainée l’empêche de rejoindre la terre ferme pour accoucher à l’hopital. Elle accouchera seule, sans médecin avec le cordon ombilical d’Atan enroulé autour de son cou.

Ensuite, nous décidons qu’il est temps d’exprimer nos griefs envers Amelia par email. Du coup c’est réunion de crise autour d’une bintang pour savoir à quel point on reste poli envers elle. La liste de nos complaintes complétée, nous dînons et c’est encore délicieux.

Voila pour cette première journée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s