Pulau Selayar, 50 nuances de bleu

2017 est un excellent cru en terme de jours fériés: pas moins de 22 jours de travail dont nous devrons nous passer cette année!

Histoire de démarrer correctement cet enchainement de longs weekend, nous décidons de mettre le cap sur Pulau Selayar avec les copains, petite île au Sud du Sulawesi.

Nous décollons de Jakarta le vendredi soir pour la ville de Makassar. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l’idée de profiter du long weekend, les 30km jusqu’à l’aeroport sont complètement bouchés.

Arrivés en temps et en heure à l’aeroport, c’est parti pour 2h de vol jusqu’à Makassar. Pour une fois le vol est parfaitement calme.

Nous nous séparons pour la nuit, la moitié part pour un hotel au centre de Makassar, l’autre moitié –  Tibo et moi inclus- va passer la nuit dans l’ibis budget.

La nuit est peu bruyante, c’est le village dans l’ibis: ca rit, ca crie, ca parle, ca s’interpelle et ca mange accroupis dans les couloirs dès 4h du matin…

Je me réveille un peu vaseuse et stressée car aujourd’hui j’affronte un de mes cauchemards: l’avion à hélice…en fait c’est même pire que ca: l’avion à hélice indonésien!

Heureusement…vous allez voir que je ne vais pas franchement avoir le temps pour la crise de panique (wolalala suspens)

Donc, nous arrivons à l’aeroport… L’entrée est un bordel sans nom, envahie par des indonésiens tous sautillants et excités. C’est la période des pélerinages à la Mecques, de gros A380 sont donc affrètés pour déposer tout ce joyeux petit monde en Arabie Saoudite.

Tout va bien, l’enregistrement se passe sans encombre, on a même le temps de deguster une petite quiche au beef chez Starbuck quand..Mathilde nous annonçe que la compagnie refuse de lui délivrer son billet sous prétexte qu’il n’y a plus de place dans l’avion….

Après dure négociation, le petit gars du check-in fini par lui fournir un billet…écrit à la main et sans numero de place! C’est collector…mais la mauvaise nouvelle c’est qu’en arrivant à la porte d’embarquement, le billet papier ca ne passe pas.

On nous fait comprendre qu’il y a eu du surbooking et qu’il faut attendre l’embarquement complet avant de savoir si Mathilde pourra monter. Ce qui n’est vraiment pas drôle  c’est qu’il n’y a qu’un seul avion par jour pour Selayar. Pas moyen donc de se faire déplacer sur un autre vol.

En bons francais, on se met à crier au scandale à grands renfort de gesticulations…et en bons indonésiens, nos ptits gars piquent un fard, plongent tête la première dans leur paperasse.

Mais c’est sans compter le culot monstrueux de Guillaume. Sans aucun scrupule, il s’incruste derrière le comptoir, vérifie lui même les places encore disponibles, cherche à piquer un crayon pour marquer lui même un place sur le billet, se fait arracher le billet des mains, re pique le billet et finit par annoncer de but en blanc que s’ils veulent que l’avion décolle il va falloir trouver une solution. Les indos ne savent plus où se mettre.

Dans la confusion générale, on glisse le billet papier de Mathilde au milieu des nôtres.  Le temps qu’ils s’en rendent compte on est deja trop loin, personne n’ose nous rattraper…on passe clairement pour des affreux mais Mathilde est toujours avec nous!

On monte dans l’avion, les hotesses ne pipent mot quand Mathilde presente un bout de billet sans place. Au passage, mon coeur fait 2-3 bonds en voyant le coucou dans lequel on va monter.

D’une manière purement aléatoire, Mathilde s’assoit à la place 6A.  Le vrai proprietaire de la place n’ose pas râler et va s’assoir à une autre place…le jeu des chaises musicales démarre, c’est le bazar dans l’avion er forcément à la fin il en reste un debout! 

Les hotesses commencent à transpirer à grosse goutte…l’avion  a deja 30 mn de retard. Heureusement, un enfant traine dans le coin, le voila catapulté sur les genous de son papa. Problème réglé! Voila comment Mathilde se retrouve de manière completement illégale en route pour Selayar. 

Après un superbe survol de 30 mn, nous atterissons sans encombre.

Nous sautons ensuite dans un bemo, ces mini camions servant de transport publics.

On est un peu tassés mais ca passe!

Au bout de 500m, le bemo s’arrête au bord de la route…nous avons creuvé. Ni une ni deux, en quelques mouvements la roue est remplacée.

C’est reparti pour une petite heure de route, malheureusement jonchée de détritus plastiques…

Nous arrivons au minuscule port où le bateau nous attend. C’est un peu l’escalade pour monter à bord.

Après 20 mn de bateau, nous arrivons en vue de la plage où nous allons passer les 3 prochains jours. La mer est superbe, toute en nuance de bleus 

Nous sommes accueilli chaleureusement par Denis, le propriétaire des lieux. Tout le long du séjour, nous allons être  bluffés par la gentillesse de Denis.

La première question que nous lui posons est comment s’est-il retrouvé propriétaire d’un eco resort dans un endroit aussi reculé?

Dans une autre vie, Denis était vendeur de panneaux solaires…jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy stoppe les subventions pour ces panneaux solaires. Du jour au lendemain, plus de boulot et un conteneur rempli de panneaux solaires sur les bras.

Lors d’un séjour à Bali, il rencontre un homme souhaitant profiter de son experience dans le solaire sur Selayar. Voila comment Denis s’est retrouvé à changer de vie et acheter un terrain sur cette magnifique plage.

Le resort est composé de 6 bungalows construits en materiaux locaux et par des locaux. Denis essaye de contribuer à l’economie locale en employant des habitants de l’ile mais pas toujours simple de travailler avec eux.

Il a egalement développé son propre jardin potager mais difficile de faire pousser des legumes sur une terre argileuse-sableuse. L’occasion de discuter avec lui de la permaculture et de l’opportunité d’appliquer cette approche aux fruits et legumes indonésiens….

S’il y a bien une plante qui pousse comme de la mauvaise herbe dans le potager de Denis, c’est le basilic citronné. L’occasion pour nous de tester pendant notre sejour le succulant pistou maison de Denis…un délice!

Mais en attendant, un énorme poisson grillé nous attend à l’arrivée, accompagné de Dabu Dabu, une salsa de tomate locale.

Après ce delicieux déjeuner, il est temps pour les plongeurs de plonger et pour les autres de se reposer.

La plage de Denis est exceptionnelle car à 150m de la plage, un superbe tombant regorge de tortues, requins et autres gros poissons…bon on y trouve également des serpents de mer et des sting raies un peu dangereux.

Ce tombant est également accessible en snorkeling. Nous aurons largement le temps de l’explorer au cours des prochains jours.

Mais pour ma part, aujourd’hui le programme c’est sieste et lecture!

Pour la nuit, tous les bungalows sont deja pris. Nous allons donc dormir en tente.

Ce que l’on avait pas prévu c’est l’énorme orage qui nous est tombé dessus et l’étanchéité toute relative de nos tentes.

C’est vraiment le déluge et en quelques minutes la tente se met à fuire de tous les cotés! On finit quand meme par se rendormir tant bien  que mal.

Le lendemain matin, on se réveille sous un temps gris et pluvieux. Certains ont carrément démenagé leur tente sous un abri pendant la nuit.

Alex nous explique qu’il a passé toute la nuit à rêver qu’il nageait. Quand on voit l’énorme rigole creusée par le dévalement de l’eau sous sa tente….on comprend pourquoi!

Pour les plongeurs, c’est reparti pour un tour. Pour les autres c’est encore snorkeling et repos. On essaye aussi de faire sécher nos affaires trempées mais le temps reste vraiment pluvieux.

Les activités étant relativement limitées, la journée passe tranquillement.

A la tombée de la nuit, on sympathise avec James, un irlandais vivant à Singapour de passage à Selayar pour la plongée. 

Rapidement, nous sortons la bouteille de pastis embarquée clandestinement dans l’avion  (imaginez une bouteille d’eau d’1L5, remplie de pastis et scotchée au chaterton au niveau du bouchon…manque plus que 2 fils électriques pour donner l’impression qu’on balade une bombe!! Mais cest passé sans souci à la sécurité).

Les verres s’enchaînent…

Pendant la nuit, Tibo me réveille, persuadé qu’il y a une biche dehors! A moitié endormie, je sors de la tente et tente d’apercevoir la fameuse biche…J’ai beau écarquiller les yeux, la seule chose que je vois c’est une grosse buche en bois! Le pastis tape sévère…

Le lendemain, après une nuit au sec, quelques éclaircies illuminent la mer. Les couleurs sont splendides.

Déjeuner avec vue 3 étoiles:

Vient ensuite l’heure de l’experience cabine télephonique. Je m’explique: sur la plage, le réseau internet et téléphoniques sont inexistants. Une vraie aubaine pour couper de tout mais un peu génant en cas d’appel urgent à passer!

Du coup, Denis a fabriqué une cabine téléphonique pour le moins originale! On n’a toujours pas compris le fonctionnement mais on confirme que ca marche!

Il s’agit de mettre le telephone dans une bouteille en plastique ornée de 2 fourchettes. Ca semble permettre d’amplifier le signal mais si quelqu’un a une veritable explication scientifique, nous sommes preneurs!

Bref, pendant cette belle journée, tout le monde est content, il fait beau, il fait chaud. Le pied quoi!

Les filles enchainent les bières …

…Et les garcons jouent à la balançoire!

Bref on y va tranquille…sans se presser!

Pour la dernière  nuit, on abandonne nos camarades pour un confortable bungalow, au grand soulagement de nos dos douloureux.

Pour notre dernier réveil, le paysage est magnifique.

Par contre notre bateau pour retourner au port s’est comme qui dirait échoué! Il faut donc tous les biscotos du coins pour remettre à l’eau!

1h30 de route plus tard, nous voila de retour dans notre petit coucou à hélice!

Bye bye Selayar, on reviendra!

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