Rencontre avec les Baduy

Frédéric Lopez et ses rendez-vous en terre inconnue n’ont qu’à bien se tenir, ce weekend…c’était nous les explorateurs!

Au programme, un trek de 2 jours au coeur de la tribu des Baduy.

Les Baduy, ce sont un peu les Amish d’Indonesie.  Cette communauté  vit dans la partie ouest de Java, à une centaine de kilomètres de Jakarta.

Baduy se divisent en deux sous-groupes : les Baduy Dalam (« Baduy de l’intérieur ») et les Baduy Luar (« de l’extérieur »). Les non-Baduy n’ont pas le droit d’entrer en contact avec les Baduy Dalam, mais peuvent rencontrer des Baduy Luar.

Source Wikipedia 

Comme les Amish, cette communauté (et particulièrement les Baduy Dalam) font un rejet de la société moderne: pas de chaussures, pas d’electricité, pas de vetements manufacturés…pas même le droit de posséder sa propre petite cuillère.

Si autrefois on pouvait compter  au moins 7 tribus ayant adopté ce mode de vie, les Baduy sont aujourd’hui la seule tribu de Java à vivre ainsi.

Cependant cette communauté et son mode de vie sont amenés petit à petit à disparaitre…gagnés peu à peu par la modernité exterieure.

Les Baduy Dalam sont aujourd’hui estimés à environ 1100 personnes, réparties en trois villages principaux. 

Les Baduy Luar sont quand à eux environ 11000 répartis sur une cinquantaine de km2.

Les règles de vie strictes des Baduy Dalam entrainent le rejet de nombreux membres, tentés par les affres de la modernité. Ces membres n’ont alors pas d’autres choix que de quitter leur tribu pour rejoindre les Baduy Luar, moins stricts dans l’application des règles.

L’une des principales raisons de rejet reste cependant le refus des mariages arrangés et forcés. 

Vous l’aurez donc compris…pas question de rencontrer les Baduy Dalam sur leur territoire mais la tribu des Baduy Luar est accessible en quelques heures de trek.

Nous partons le samedi matin de Jakarta à 6h du matin.

Nous sommes 7 à partir ensemble, accompagnés par notre guide.

C’est parti pour 5h de route. Après une pause pour le petit dejeuner, nous nous arrêtons au marché pour acheter quelques cadeaux pour les Baduy: café et poissons séchés. Ca faisait longtemps qu’on avait pas fait un marché local…les odeurs de viande crue et poissons séchés  nous titillent les narines!

Nous entamons ensuite la dernière partie du trajet: 2h de route defoncée  et en zigzag. Personnes sensibles au mal des transports, s’abstenir!
Comme d’habitude notre chauffeur conduit comme un fou…mais notre guide nous assure avec un grand sourire qu’il n’a jamais connu d’accident avec des touristes…mouai!

Après 25mn sur une route completement dézinguée, notre guide nous annonce que l’on a pris le mauvais chemin…c’est une blague? Non non nous dit-il mort de rire…c’est reparti pour les montagnes russes dans l’estomac.

On finit par arriver une heure apres l’autre moitié de notre groupe qui commençait serieusement à s’inquiéter! 

À notre arrivée, un groupe de Baduy Dalam nous attend en tant que porteurs. Les regards sont timides…des 2 cotés. 
Personne ne veut leur faire porter nos sacs, c’est decidé nous les porterons nous même. Seul notre guide n’a pas de scrupule a donner son sac à un Baduy. Les autres Baduy porteront uniquement nos provisions.

C’est parti pour 2-3 heures de marche pour atteindre le village Baduy où nous passerons la nuit.

Nos Baduy sont de vrais hobbits, par leur taille mais surtout par leurs pieds. Peu importe la nature du sol, ils cavalent allègrement entre flaque de boue et cailloux pointus.

Les paysages alternent entre rizières et montagnes. Nous sommes chanceux puisque le soleil est de la partie apres 2 semaines de pluie. Les chemins sont glissants, ca monte, ca descend mais le rythme est tranquille. Nous traversons plusieurs villages, le plus souvent dans des vallées au bord de rivières.

Après une bonne heure de marche, c’est l’heure de la premiere pause. Séance photo avec les mini Baduy. Le polaroid de Mathilde fait un tabac. Chacun repart avec sa photo dans son baluchon.

Après une marche bien transpirante, rien de tel qu’une bonne baignade dans un vrai bouillon d’Escherichia Coli…

Tous propres, nous sommes prêts à passer une soirée endiablée dans le village nos copains les Baduy.

C’est repas de fête selon notre guide: riz, poisson séché et quelques feuilles cuites dans une delicieuse sauce au curry. 

Les fruits comme les durians ou les bananes sont reservés à la vente. L’alimentation des Baduy est donc assez limitée d’un point de vue nutritif.

Apres le dîner, nos Baduy nous jouent de leur guitare locale. Ensuite, à chacun d’essayer avec plus ou moins de succès!

20h30, l’heure de se coucher. Le sol en bambou est dur…heureusement les supers aventuriers de l’extrême que nous sommes ont pensé à emporter un matelas et un sac de couchage…futés! 

Au réveil, on découvre la passion des rats pour les Oreo chocolat. Un beau trou dans mon sac à dos confirme que certains se sont remplis la panse pendant la nuit!

Après un petit dej d’omelettes et de nouilles, c’est l’heure de repartir.

On commence par une bonne grimpette sous le cagnard et là c’est la panne sèche pour moi: envie de vomir, vertiges et mal au crâne…ca s’annonce mal! 

Heureusement les Baduy décident de s’accorder un petit interlude pêche à la crevette au bord d’un lac.

Je pars m’échouer sur un rocher, me demandant comment faire pour finir cette journée qui ne fait que commencer!

Après avoir suceauté quelques bonbons et noyé tout ca à l’eau, c’est reparti pour un tour.

A nouveau les montés et les descentes s’enchaînent jusqu’à l’épreuve du pont. Je m’explique: les Baduy ont un hobby assez funky qui consiste à la construction de ponts en racine à faire palir d’envie Indiana Jones!

A première vue, ce pont a l’air super cool…un vrai pont d’aventurier! Et puis arrivés au milieu du pont, on se rend compte qu’il n’y plus aucune racine sur les bords pour nous servir de rambarde. 

Donc résumons la situation: nous sommes perchés à 6-7 mètres de haut sur un pont large de 50 cm, avec le vide de chaque coté, sans rambarde pour nous tenir…voila voila. A peine le temps d’avoir peur que nous sommes déjà arrivés de l’autre coté. 

Nous en profitons pour déjeuner au bord de la rivière, le repas consiste en une boite de sardine a la tomate et quelques tranches de pain de mie…un peu léger  mais suffisant pour entamer la dernière ligne droite de notre trek.

Au moment de repartir, notre guide nous annonce que l’on doit à nouveau passer sur le pont. Cette fois on sait à quoi s’attendre, c’est un peu plus effrayant mais finalement tout se passe sans encombre!

Petit à petit les paysages changent, les maisons se font de plus en plus nombreuses.

Au détour d’un chemin, après 6h de marche et beaucoup de litres de sueur, nous retrouvons nos voitures. 

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