Siquijor la maudite

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Après une derniere nuit sur Bohol, nous prenons le bateau pour l’île de Siquijor.

A l’embarcadère, nous rencontrons Tom et Benjamin, 2 français en vacances aux Philippines. Le courant passe immédiatement, nous passerons d’ailleurs les prochains jours tous les 4 ensemble.

Pour se rendre sur cette île, encore une fois, le trajet n’est pas direct!

Nous naviguons d’abord en direction de Dumaguete, sur l’île de Negros pendant 2h30. Puis après avoir embarqué quelques passagers à Dumaguete, nous repartons vers Siquijor. Nous arrivons sur place vers 14h, dans la ville même de Siquijor.

Comme les fois précédentes, la sécurité sur le bateau semble irréprochable. On se demande où sont passés les ferry délabrés cités dans le Lonely!

Siquijor est surnommée Isla de Fuega en raison des milliers de lucioles illuminant la côte lors de la découverte de l’île par les espagnols. Elle souffre également d’une mauvaise réputation!

Les philippins rechignent en général à se déplacer sur cette île car elle regorge de légendes de magie noire. L’île affirme pourtant que ses sorciers noirs ont pris la fuite lors d’une nuit sombre et que seuls les bons guérisseurs sont restés….

Après un déjeuner vraiment pas mémorable au port de Siquijor, nous nous rendons à notre guesthouse, Hambilica, située dans le village de Maité. Nous avons opté pour cette guesthouse car elle est sensée abriter un sanctuaire de lucioles, le seul accessible facilement sur l’île.

Tom et Benjamin sont eux aussi tentés par l’observation des lucioles et décident de se joindre à nous!

A l’arrivée à la guesthouse, nous tombons sur un petit coin de paradis avec un magnifique jardin. La propriétaire est absente, nous essayons tant bien que mal de communiquer avec son employée qui ne parle pas un mot d’anglais! Au bout de quelques minutes, nous arrivons à nous faire comprendre, nous voici les heureux locataires d’une jolie petite chambre dans ce havre de paix où ni internet, ni le téléphone ne passe!

Après quelques recherches rapides, nous nous rendons compte qu’un sanctuaire marin est situé à un petit kilomètre de Hambilica. Ni une ni deux, nous partons tous les 4 à la découverte de cet endroit.

Nous arrivons sur une très belle plage, Tom et Benjamin sont équipés pour le snorkeling et partent en repérage. Ils reviennent enchantés du décor sous marin.

Tibo leur emprunte masque et tuba et revient lui aussi assez émerveillé.

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La nuit tombe, un peu par hasard nous nous arrêtons dans un restaurant qui deviendra notre cantine! La meilleure nourriture de notre séjour, vrai de vrai!

La spécialité du coin c’est aussi le rhum local agrémenté de calamansi, des petits citrons verts asiatiques très goûteux. La soirée sera donc bien arrosée!

Sur le chemin retour, on loupe notre guesthouse et on se retrouve bien plus loin à jouer à un jeu de pièces avec quelques philippins. En moins de 10 secondes Tibo se fait plumer de 50 pesos mais il a le droit à une poignée de bonbons en lot de consolation!

Après quelques errances, nous retrouvons enfin Hambilica! On décide d’aller voir les lucioles, rapidement on s’interpelle les uns les autres: oh regarde la ça brille!!! Oui sauf que c’est juste le reflet des lumières environnantes qui se reflètent dans les feuilles (eh le rhum qui rend crédule).

Pas une luciole à l’horizon, on part donc en direction de nos lits, le plus dur dans l’histoire ayant été de déloger Tibo qui avait déjà démarré sa nuit dans un hamac!

Après une bonne nuit de sommeil, il est grand temps de partir à l’aventure. L’île étant petite, on peut facilement rayonner partout à partir de notre guesthouse.

Nous commençons par longer la mer, nous traversons des petits villages de pêcheurs à l’ambiance paisible. Les gens nous saluent à coup de grands gestes et de joyeux good morning. Led couleurs sont superbes: le vert des palmiers, le blanc du sable, les bateaux multicolores…

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On descend jusqu’au sud de l’île avant de remonter un peu dans les terres. Nous nous arrêtons à l’arbre enchanté Balete, une vieux ficus de plus de 400 ans. A son pied, une source d’eau où barbotent pleins de poissons mangeurs de peaux sèches. On y trempe donc les pieds pour 20cts, le temps de se faire grignoter les orteils. C’est pas douloureux mais ça chatouille!

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Après cette pause spa, nous partons voir la coopérative de lait ou il paraît que l’on peut manger du fromage! Grosse déception, on se retrouve devant porte close!

On se laisse pas abattre et c’est parti pour Lazi. Cette petite ville abrite une superbe église, San Isidro ainsi qu’un vieux couvent.

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Nous y rencontrons Manu, français et instructeur de plongée, expatrié à Bohol, en vacances à Siquijor avec sa mère.

Nous lui parlons de la petite île de Apo, un des plus beaux spots de plongée au monde mais si difficile d’accès. Il nous apprend qu’un resort proche de notre guesthouse organise des tours en bateau pour la journée à Apo. C’est décidé, en rentrant ce soir on tente le coup.

Après Lazi, nous continuons notre route jusqu’aux magnifiques chutes de Cambugahay.

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Nous retournons déjeuner à Lazi avant de nous rendre à la plage de Kagusuan, absolument magnifique.

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Notre dernier stop est la plage de Salagdoong, à l’est de l’île. Elle est connue pour son grand toboggan aquatique. Mais en arrivant (et après avoir payé un droit d’entrée, le parking et la pseudo taxe environnement) tout est cassé! Visiblement le dernier typhon a fait des dégâts!

Heureusement la plage est jolie bien que petite. Nous abandonnons Tom et Benjamin qui vont camper ici pour la nuit. Nous, nous retournons à la guesthouse où nous rencontrons notre propriétaire.

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Nous découvrons une amoureuse de la nature, dévouée à la préservation de l’environnement. Dans un anglais presque parfait elle nous explique les nombreuses problématiques qu’elle rencontré, notamment les autorités locales totalement hermétiques à la préservation de la nature.

Nous comprenons enfin pourquoi nous n’avons pas vu de lucioles. Elle nous explique que son sanctuaire est reconnu par le gouvernement Philippin mais aussi internationalement. Cependant les autorités locales sont tellement corrompues et insensibles au sujet de l’environnement qu’elles n’ont pas hésité à détruire une partie du sanctuaire il y a à peine un mois pour creuser une grosse évacuation d’eau vers la mer. A l’échelle d’une luciole, cela représente un énorme tremblement de terre, elles ont donc tout simplement pris la poudre d’escampette. Impossible de savoir si elles reviendront ou non. On sent Fides (la propriétaire) très désemparée et en colère!

Après cette discussion un peu triste, nous retournons dîner au restaurant de la veille avant de nous coucher!

Le lendemain matin, nous passons d’abord au resort réserver nos places pour Apo. Il faut 12 personnes pour que le bateau parte! Nous ne sommes que tous les 4 avec Tom et Benjamin pour le moment. Nous repasserons donc en soirée pour savoir si le tour est confirmé ou non.

Nous partons ensuite vers l’intérieur des terres, à la découverte des guérisseurs. Nous partons avec un nom, trouvé dans un article de libération et cité dans quelques blogs ainsi que dans le Lonely.

Visiblement, l’homme est connu dans le coin et même si la route est difficile, nous arrivons assez facilement chez lui. Il s’appelle Noel et habite à Cantabon avec sa femme Juanita.

En arrivant, il nous explique qu’il vient de se faire interviewé par un docteur français il y a 10 jours pour un journal dont il a oublié le nom.

Nous lui expliquons que nous ne venons pas pour nous mais plutôt pour Maman Le Squere et son arthrose aux genoux. Il nous confirme qu’il peut préparer une potion  contre l’arthrose. Il semblerait qu’en fait ce soit sa femme la guérisseuse. Juanita nous prépare un mélange herbal d’eau complexité incroyable. Des dizaines de morceau de racine, bois, fleur séchées…à diluer à notre arrivée dans un peu d’huile.

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Juanita
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Potion magique

Tibo en profite pour parler de ses problèmes d’otite. Ni une ni deux Juanita fonce dans le jardin chercher quelques herbes qu’elle fait chauffer au dessus d’un cierge et après une petite prière elle presse ces feuilles autour de l’oreille de Tibo avant de la fourrer de quelques branches. A garder une heure dans l’oreille! Elle nous demande de faire une donation à Jésus en guise de payement. Noël nous explique rapidement qu’ils préparent les bases des potions lors du Black Saturday, juste avant pâques. Il nous fait aussi lire des études médicales menées par des médecins étrangers aux près de ces guérisseurs de Siquijor et qui semblent reconnaître un certain savoir à ces guérisseurs.

Nous ressortons un peu perturbés et plein de questions mais plutôt contents de cette expérience.

On prend ensuite le chemin du mont Bandilaan. Sur la route nous croisons Benjamin et Tom qui nous indiquent de faire une tour au sanctuaire des papillons et d’être très prudent sur la route.

Nous montons rapidement au sommet du mont Bandilaan, la vue est obstruée par des arbres, l’intérêt est limité.

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Nous nous rendons ensuite au sanctuaire des papillons. Nous rencontrons le propriétaire qui est lui aussi un fervent défenseur de la Nature. Il a créé lui même ce sanctuaire, sans aide gouvernementale bien évidemment. C’est à peine 30m2 de visite mais c’est intéressant d’observer les différents stades des papillons.

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Nous reprenons la route qui traverse l’île du Sud au nord. Après quelques minutes, nous nous faisons surprendre dans un virage en descente. Des graviers sur le bord de route et c’est la chute lourde. Heureusement que nous roulions doucement mais le choc est violent pour Tibo. On ne nous aurait pas jeté un sort par hasard?!

Je m’en sors sans égratignure et sans pouvoir me rappeler comment j’ai pu ne pas tomber. Tibo a quelques égratignures au genou mais c’est surtout son bras gauche qui a pris. Les villageois accourrent pour nous aider, ils s’occupent du scooter qui est bien amoché mais heureusement il fonctionne, seul les parties plastiques de protection sont abîmées.

On se retrouve au milieu de 20 personnes qui rigolent bien de  situation, ils n’ont pas l’air surpris que l’on soit tombé.

Au bout d’un bon moment, malgré la douleur, Tibo se sent de reprendre la route. On rentre par contre directement à la guesthouse afin de voir avec notre propriétaire combien peut nous coûter la réparation du scooter…Mais elle est absente.

En fin d’après-midi nous retrouvons Tom et Benjamin. Nous faisons le point avec le resort pour Apo, il y a 7 personnes pour le moment mais moi je commence à avoir des doutes avec le bras de Tibo.

Nous allons ensuite assister à un magnifique coucher de soleil sur la plage de Ponglio.

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Le départ pour Apo nous est confirmé dans la soirée, au moment où le bras de tibo le fait de plus en plus souffrir.

En effet pendant la nuit la douleur empire vraiment, au petit matin il faut se rendre à l’évidence: les tortues géantes de Apo seront pour une autre fois! On quitte donc Tom et Benjamin un peu déçus.

On part rapidement en direction de l’hôpital car on voudrait quand même être sur que rien n’est cassé. C’est un peu un moment de stress car Siquijor est une toute petite île et l’hôpital pas très performant d’après notre propriétaire. Ça serait dommage de déclencher un rapatriement en France…

Notre propriétaire nous conseille également de demander l’accord du médecin pour aller voir un Hilot. Les Hilots sont les ostéopathes locaux qui soignent les douleurs en échange de donation.

Bon mais la première étape c’est déjà de survivre au trajet en tricycle jusqu’à l’hôpital…Une fois sur place direction les urgences où on nous fait asseoir, j’ai directement vue sur les coucougnettes d’un papi Philippin pas très en forme!

On se fait prescrire des radios par le médecin, bras droit et bras gauche histoire d’être sur. La radiologue ne comprend pas pourquoi le médecin demande les 2, elle nous demande notre avis sur la question…euh qui soigne qui là ?!!! Bref la radio ne coûtant que 3€ on lui dit de faire les 2 dans le doute!

Verdict, rien de cassé, une prescription d’anti douleur et roulez jeunesse!

Sur la route on s’arrête voir le Hilot. Un peu d’huile maison dans sa main crasseuse et hop voilà notre Tibo manipulé dans tous les sens. Mais l’homme a l’air de bien savoir ce qui fait
Il nous fait comprendre qu’il chasse l’air du corps. Après 20mn de torture c’est fini, on a rdv le lendemain à 9h et interdiction pour Tibo de prendre une douche.

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On passe l’après midi tranquillement à la guesthouse. Puis nous faisons une petite infidélité à notre restaurant pour manger une succulente pizza. Un énorme papillon s’échoue à nos pieds, tout le monde vient le voir et le patron nous explique qu’il pense que c’est un message (?!) hum étrange….

On croise notre propriétaire qui nous apprend que la loueuse de moto nous demande que 350 pesos de réparation soit 7€. Une vraie chance car ils ont en général la main très lourde avec les touristes.

Pendant la nuit, la douleur de Tibo diminue. Au matin ça va mieux mais il est déjà temps de repartir pour la 2eme séance de Hilot. Le Hilot nous confirme qu’il y a moins d’air dans l’épaule…prochaine séance dans 2 jours! En attendant, on va rester au calme sur Siquijor. Tant pis pour le chamboulement de programme!

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